Confort thermique
Réglementations thermiques et analyse du secteur de la construction
Au cours de la dernière décennie, le coût de construction d’une maison a considérablement augmenté, qu’elle soit en brique, en béton ou en bois. À cette tendance s’ajoute l’augmentation continue des coûts énergétiques pour le chauffage des logements.
Face à cela, la majorité des particuliers ont adopté diverses solutions d’isolation afin d’améliorer la performance énergétique de leur habitation. Les maisons à haute performance énergétique nécessitent un investissement initial plus élevé, supérieur de 15 à 20 % à celui des constructions classiques. Cependant, cet investissement est amorti sur le long terme grâce aux économies réalisées sur les coûts de chauffage.
Un autre facteur défavorable est la diminution du pouvoir d’achat, qui pénalise les personnes souhaitant construire un logement. L’augmentation des coûts combinée à des revenus stagnants complique considérablement l’accès à la propriété.
Enjeux environnementaux et nouvelles réglementations
À l’échelle mondiale, la lutte contre la pollution et la réduction de l’empreinte écologique sont devenues des priorités. L’usage de matériaux plus sains et moins énergivores est encouragé.
Dans cette optique, l’Accord de Kyoto (1997) a engagé 127 pays, dont la Roumanie, à réduire les émissions polluantes de 5,2 % entre 2008 et 2012 par rapport à 1990. Le secteur résidentiel étant l’un des plus gros consommateurs d’énergie, des réglementations spécifiques ont été mises en place pour améliorer son efficacité énergétique.
Aujourd’hui, la consommation énergétique moyenne d’un logement est d’environ 240 kWh/m²/an. L’objectif est de la réduire de 20 % d’ici 2012 et de 40 % d’ici 2020. Pour accompagner cet effort, de nouvelles politiques fiscales, subventions et crédits spécifiques ont été mis en place.
Réglementations thermiques en vigueur
Depuis le 1er janvier 2022, la Réglementation Thermique 2012 (RT 2012) a été remplacée par la Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020) pour les bâtiments résidentiels, puis élargie aux bureaux et établissements scolaires le 1er juillet 2022.
Objectifs de la RE 2020 :
Amélioration de la performance énergétique
Réduction de la consommation d’énergie primaire et décarbonisation des sources énergétiques des bâtiments.
Réduction de 15 à 20 % des seuils de consommation d’énergie par rapport à la RT 2012.
Réduction de l’impact environnemental
Limitation des émissions de gaz à effet de serre sur tout le cycle de vie du bâtiment (de la construction à la démolition).
Encouragement de l’utilisation de matériaux écologiques et de solutions énergétiques à faible émission de carbone.
Assurance du confort thermique en été
Introduction d’un nouvel indicateur, le nombre d’heures de disconfort thermique (DH), afin de limiter les périodes de forte chaleur et éviter le recours excessif à la climatisation.
Pour atteindre ces objectifs, la RE 2020 impose des exigences accrues en matière d’isolation thermique, d’étanchéité à l’air et d’utilisation des énergies renouvelables. Une attention particulière est également portée à l’empreinte carbone des matériaux et à la conception bioclimatique des bâtiments.
Réglementations thermiques en Roumanie
En février 2023, la Roumanie a adopté la Méthodologie de calcul de la performance énergétique des bâtiments (Mc 001-2022), définissant les exigences minimales pour les constructions neuves et existantes. Ce règlement met en avant :
Les bâtiments à consommation énergétique quasi nulle (nZEB) : toutes les nouvelles constructions doivent répondre à ce standard.
Objectifs européens : d’ici 2028, tous les bâtiments publics neufs devront respecter le standard ZEB (Zero Energy Building), et d’ici 2030, ce sera obligatoire pour toutes les nouvelles constructions.
Principes pour la construction de bâtiments à faible consommation énergétique
Design compact : minimisation des surfaces exposées aux pertes énergétiques en favorisant une forme proche du cube.
Maximisation de l’espace habitable : optimisation de la surface utilisable pour réduire la consommation énergétique au m².
Réduction des ponts thermiques : utilisation de techniques et matériaux d’isolation avancés.
Étanchéité à l’air : limitation des infiltrations d’air à l’aide de membranes pare-vapeur et de matériaux de haute qualité.
Chauffage solaire passif : orientation optimisée de la maison avec de larges fenêtres au sud et un vitrage adapté (double au sud, triple au nord).
Ventilation performante : mise en place de systèmes de ventilation avec récupération de chaleur (HRV).
Production d’eau chaude optimisée : recours aux chauffe-eau solaires ou pompes à chaleur pour minimiser la consommation d’énergie.
Protection contre le gel : maintien d’une température intérieure minimale de 14°C même en période d’inoccupation.
Confort d’été : réduction de la surchauffe par l’ombrage naturel et des matériaux à forte inertie thermique.
Intégration des énergies renouvelables : au moins 30 % de la consommation énergétique du bâtiment doit être couverte par des sources renouvelables (solaire, géothermie, éolien).
Utilisation de matériaux à faible impact environnemental : sélection de matériaux à faible empreinte carbone.
Respect des standards nZEB : toutes les nouvelles constructions doivent être conçues pour atteindre une consommation quasi nulle.
Définition du confort thermique
Un confort thermique optimal signifie :
Ne pas ressentir ni de froid excessif, ni de chaleur excessive.
Ne pas être exposé à des courants d’air désagréables.
Le corps humain maintient une température d’environ 37°C grâce aux apports caloriques et à des mécanismes biologiques complexes. Un échange de chaleur permanent se produit entre le corps et son environnement immédiat.
Propriétés essentielles des matériaux de construction pour le confort thermique :
Isolation thermique : réduire la transmission de chaleur à travers les parois pour limiter la consommation énergétique.
Coefficient U (W/m²K) : mesure le transfert thermique. Plus il est bas, meilleure est l’isolation.
Capacité d’accumulation thermique : capacité d’un matériau à stocker et restituer la chaleur (en hiver) ou la fraîcheur (en été).
Capacité thermique surfacique (Wh/m²K) : régule les variations de température.
Atenuation thermique : capacité des murs à amortir les variations de température extérieures.
Déphasage thermique : délai nécessaire à une variation de température pour traverser une paroi.
Calcul des besoins en chauffage
Le besoin en chaleur se base sur le coefficient Uc, qui représente la perte thermique moyenne du bâtiment en tenant compte de :
Déperditions vers l’extérieur (murs, sols, toits, fenêtres, portes).
Ponts thermiques (joints entre planchers, cloisons, etc.).
Température intérieure de confort (19°C pour une habitation).
Calcul de la résistance thermique des matériaux :
R=eλR = \frac{e}{\lambda}R=λe
où :
R = résistance thermique (m²·K/W)
e = épaisseur du matériau (m)
λ = conductivité thermique (W/m·K)
Évaluation du confort thermique selon trois critères :
Confort hivernal : maintenir une température agréable avec un chauffage efficace.
Confort mi-saison (printemps-automne) : minimiser les variations de température et retarder l’usage du chauffage.
Confort estival : garder une température intérieure fraîche sans climatisation.
Ces mesures garantissent une maison performante, économe en énergie et durable.